Billets

MACHIAVEL @ Les Intemporelles 

 En janvier 1978, lors de la publication des résultats du grand sondage annuel sur le rock en Belgique, Machiavel accumule les récompenses : Meilleur groupe sur scène, meilleur groupe sur disque, meilleur album avec ‘Jester’. Leur single ‘Moments’ se classe même troisième.

Piero Kenroll commente : « Machiavel, c'est vraiment l'exploit. C'est la première fois depuis l'existence de notre poll qu'un groupe belge suscite pareil enthousiasme. D'un côté ces résultats doivent être un magnifique encouragement pour ces gars, de l'autre ils vont devoir faire très attention à se montrer à la hauteur de la réputation qu’ils sont en train de se faire, et le fait d'être un groupe ‘old wave’ alors que la ‘new wave’ est en train de tout submerger ne va pas leur faciliter la tâche. La meilleure façon de les aider pour ceux qui les ont plébiscités est maintenant d'assister nombreux à leurs concerts. »

(memoire60-70.be)

ARIA PRIMITIVA @ Les Intemporelles

ARIA PRIMITIVA @ Les Intemporelles

* NOUS SAURONS ETRE SAUVAGES

« L’idée de mêler des sonorités impalpables aux rythmes tribaux, de frotter ma voix et celle du violoncelle à l’évanescence inquiétante des ondes Martenot de Nadia et aux samplers hypnotiques de Cécile, réveillait en moi l’enthousiasme d’un aventurier. »
Ainsi parle Thierry Zaboitzeff (Art Zoyd).
ARIA PRIMITIVA est « une combinaison qui donne naissance à ce qui, en nous, résonne le plus fort, l’écho primitif, le son originel. »

avec le soutien du Forum Culturel Autrichien à Bruxelles / Österreichisches Kulturforum Brüssel

The Atom Heart Mother Project # 6

la tentation symphonique de Pink Floyd * ven 27 oct 17 @ Dijon

Et donc, le rose à l’âme, on parle et discute, on convainc même. Reste le chœur. Pas une mince affaire. Plusieurs dizaines de vocalistes. Souvent formés dans la tradition classique. Sensibilité rock souhaitée.
Parce que Atom Heart Mother, c’est bien la rencontre de ces deux mondes : la tentation symphonique du Floyd.
Paradoxe que ce mot symphonique entourant la tentation du groupe puisque Ron Geesin orchestre Atom Heart Mother pour un chœur, un ensemble de cuivres et un violoncelle - étrange formation symphonique, n’est-il pas ? Pourtant, c’est probablement le Floyd qui met en place un des liens les plus parlants entre les deux mondes (Rock et Classique) avec un morceau qui, s’il n’est pas révolutionnaire (des remugles de romantisme, une senteur de néoclassicisme), pose par son écriture - et ses arrangements - une pierre étonnante sur ce chemin du Rock alors Underground et totalement Psychédélique vers le Rock pas encore mais bientôt Progressif.

The Atom Heart Mother Project # 5

 Si ce n’est Pink Floyd, ce sera son âme * dim 22 oct 17 @ Donaueschingen

Donc, on persévère.

En France, Philipe Gonin a monté la chose à quelques occasions (à Lyon, à Dijon, à Beaumont). En Belgique, l’événement est encore plus exceptionnel. Même à l’origine. Même pour le dieu David. Ou pour le beau Roger.
On essaie. On tente. On prend des contacts. On parle. On rêve.
Il faut : un quatuor Rock (une guitare, une basse, les claviers, la batterie). Un ensemble de cuivres : 3 trompettes, 3 cors, 3 trombones, 1 tuba. Si possible : 1 violoncelle. Un chœur, réparti en 4 voix, avec au moins 4 à 5 choristes par voix.
Il faut : louer la partition, la décrypter, l’analyser, l’intégrer. Répéter, répéter, répéter. Organiser la collaboration entre les différents ensembles. Mettre au point les filages, les raccords.
Il faut : de l’envie, de l’enthousiasme, du plaisir - un peu de café, parfois une bière.

On avance, on avance, on avance.

Et l’âme du Floyd ? Elle est… rose.
Pink Floyd

The Atom Heart Mother Project # 4

 Et pourquoi Les Intemporelles ne se laisserait-il pas tenter ?
Les arguments pleuvent : ça fait du monde sur scène ; c’est insensé à produire quand on n’a pas de moyens ; Pink Floyd ne sait pas où se trouve Soignies (quoique le groupe se souvienne assez bien d’Amougies) ; on n’a pas de sous ; je n’aime pas la musique classique (mais ça j’aime bien) ; Rick Wright n’en est plus ; le morceau fait 23’39, un peu court pour un concert ; et les végétariens ? ; c’est pas parce qu’il y a une vache ! ; quelle est la différence entre une poule ? ; etcétéra.
Mais on a aussi une ou deux bonnes raisons de le faire : on en a envie. Et s’il y a bien une musique qui traverse le temps… Alors ? Alors on le fait.
Enfin, on essaie. Parce en effet, le Floyd n’est pas dispo - en tout cas pas à nos conditions. Et d’ailleurs, en formule « complète », ils ne l’ont pas joué si souvent. Remplaçant régulièrement le violoncelle par un cor. Pas facile en ce début ‘70s pour un groupe encore peu connu de mobiliser le violoncelliste, les dix cuivres et les vingt chanteurs en plus du quatuor Rock.

Bon, on persévère !

The Atom Heart Mother Project # 2

… puis des rencontres… * ven 20 oct @ Donaueschingen
En marge du concert, on fait connaissance. Philippe Gonin (le compositeur derrière le lap steel), je l’avais contacté en 2015, pour venir parler de The Wall. S’il est né à Lyon, c’est à l’Université de Bourgogne Franche-Comté qu’il enseigne les musiques actuelles. Auteur fécond, il a deux groupes fétiches : le Floyd et The Cure. Il écrit sur l’un (beaucoup), sur l’autre (un peu moins) et ne vous avisez pas de couper son texte sans son accord. Régis Kerckhove dirige à Dunkerque le Conservatoire de Musique et d'Art Dramatique. Ce sont les membres de son équipe qui ont pris place derrière les lutrins. Les deux hommes ont déjà œuvré ensemble, mais cette dernière expérience les incite à pousser un pas plus loin.
Enregistrer. Passer de la partition au disque. En Rock, écrire la musique n’est pas le plus courant. Transcrire les notes sur la portée serait réservé à la musique « savante » - voir sérieuse.
(C’est une parenthèse, mais au cas où vous vous poseriez la question, c’est ça que je suis venu écouter à Donaueschingen, petite ville en Forêt Noire, célèbre pour être la source du Danube et pour son festival de Musique Contemporaine. De musique sérieuse… Je sors d’un concert où les musiciens (Solistenensemble Kaleidoskop) interprètent la première œuvre, invisibles dans un camion - qui s’est introduit dans la salle sans prévenir - au hayon entrouvert, en débarquent tels des réfugiés d’un semi-remorque frigorifique, ne prennent pas place devant les lutrins en cercle pour le deuxième morceau, envahissent les gradins au troisième titre, se déplacent tant que le public se lève, s’assoit en cercle, se relève, dans ou hors du cercle, rôde d’un instrumentiste à l’autre, devient lui-même un ingrédient de la spatialisation du son…)
Quelle longue parenthèse…

The Atom Heart Mother Project # 1

et donc, au départ, il y a une envie… * ven 20 oct 17 @ Donaueschingen
Alors voilà. Ça faisait déjà un moment que je laissais les mots s’entrecroiser dans ma tête, comme des oiseaux en nuées se frôlent sans se toucher - mais savent parfaitement où ils vont. The Atom Heart Mother Project. Un peu long peut-être, mais à la manière de celui ou celle qui « en dit long » : expressif et édifiant, presque révélateur. Mais le nom n’est qu’une étape dans le développement d’une idée qui, poussin frileux et peu pressé, picore du bout du bec la coquille de l’envie depuis près de deux ans.
Cette envie, elle titille déjà avant le Floyd Chamber Concerto sur scène ce dimanche d’avril 2016 à Soignies. Dans un silence lustré, les instruments acoustiques (hautbois, cor, violons…) partagent l‘espace sonore de cette composition originale en quatre mouvements, avec l’électrifié/e guitare/lap steel - dédié/e à un groupe majeur de la deuxième moitié du XXè siècle. Les yeux rivés sur la scène, captivé comme tous par la magie de ce qui en émerge, je ne peux empêcher mon esprit de voguer vers cette fameuse « tentation symphonique » de Pink Floyd…
Qui y était ?

The Atom Heart Mother Project # 0

wat is dat voor een stuud (keskecè pour un bazaar) ? * jeu 04 jan 18 @ Le Viseney
Vous êtes nombreux à poser la question : qu’est-ce qui se cache derrière The Atom Heart Mother Project ? Vous avez bien sûr pensé à Pink Floyd, au début des ‘70s, probablement même à cet album mal aimé de Roger Waters, vu comme prétentieux par Nick Mason… mais qui a donné au groupe son premier disque d’or !
Vous n’avez pas tort. Mais ce n’est pas tout.
Pour vous présenter ce projet à Soignies le 21 avril, c’est toute une histoire qui a dû se construire. Avec, derrière elle, plusieurs dizaines de personnes qui œuvrent à faire rentrer cet improbable pari dans le domaine du possible.
Aux Intemporelles, on veut prendre le temps. Alors, je vais vous raconter, avec une belle irrégularité et peu de contraintes, comment cette aventure est née et se construit en ce moment-même…
N’hésitez pas à interagir.

MACHIAVEL @ Les Intemporelles

Les trois premiers albums, et rien d’autre !
Machiavel en 1976, Jester en 1977 et Mechanical Moonbeams en 1978 : avec ce tir groupé, MACHIAVEL s’est donné les atouts pour dominer la scène belge et en déborder largement à l’international. Pour la plupart, ces morceaux n’ont plus été joués sur scène depuis 1979. Le moment est venu de se retourner sur un répertoire riche et captivant, qui a traversé le temps jusqu’aux Intemporelles.